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	<title>Do as i say, not as i do &#187; web</title>
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	<description>Car dire ça n&#039;est pas toujours faire, mais ça ne coûte rien</description>
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		<title>Twitter expliqué à ma maman</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 09:29:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[2. Des trucs expliqués à ma maman]]></category>
		<category><![CDATA[kamoulox]]></category>
		<category><![CDATA[twitter]]></category>
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Comme je ne suis pas mécontent du début de la série consacrée à Symfony et à ma chère mère, et qu&#8217;il ne se passe pas une semaine, que dis-je, un jour sans qu&#8217;ici et là, y compris au bureau, la question d&#8217;expliquer Twitter ne vienne sur le tapis, jme suis dit comme ça, en mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-full wp-image-797 alignleft" style="border: 1px solid black;" title="Oops" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/twitter_whale.png" alt="Oops" width="128" height="128" /></p>
<p>Comme je ne suis pas mécontent du début de la <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/08/framework-symfony-explique-a-ma-maman-1/" target="_blank">série consacrée à Symfony</a> et à ma chère mère, et qu&#8217;il ne se passe pas une semaine, que dis-je, un jour sans qu&#8217;ici et là, y compris au bureau, la question d&#8217;<em>expliquer Twitter</em> ne vienne sur le tapis, jme suis dit comme ça, en mon for intérieur où je me parle beaucoup (en me tutoyant, ce qui parfois me laisse perplexe), que j&#8217;avais bien matière à noircir quelques <em>div </em>de considérations puissantes et péremptoires sur le sujet.<br />
<span id="more-787"></span></p>
<p>Entendons-nous bien : en octobre 2009, il n&#8217;est plus question de prétendre <em>faire découvrir </em>Twitter, la fréquence d&#8217;évocation du site de gazouilling étant à peu près quotidienne sur tous les médias, y compris les plus grand public, nul doute qu&#8217;à ce jour à peu près tout le monde sait que Twitter existe, du moins toute personne qui a un rapport fréquent à notre ami l&#8217;internet. Mais bon, tout le monde <em>sait</em> aussi que e=mc<sup>2</sup>, ça ne veut pas dire que chacun sache expliquer vraiment ce que ça signifie pour autant (et je vous rassure, à part traduire les signes e, m, c, et le petit deux en l&#8217;air, je n&#8217;en sais pas des masses plus).</p>
<p>Après une comparaison aussi pertinente, négocions le virage pour revenir au milieu du chemin (encore trois métaphores de ce type et je suis le nouveau Heidegger).<br />
On pourra aligner les &laquo;&nbsp;définitions&nbsp;&raquo; qui circulent ça et là ( &laquo;&nbsp;site de mini-messages&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;service de micro-blogging&nbsp;&raquo;&#8230;), on n&#8217;aura éclairé personne qui ne sait déjà ce que c&#8217;est. Et c&#8217;est un premier indice de la spécificité de ce qu&#8217;on appellera <em>la chose Twitter</em> : il est d&#8217;une part impossible de la définir entre trois mots, et pire, il est d&#8217;autre part quasi-impossible d&#8217;expliquer &laquo;&nbsp;à quoi ça sert&nbsp;&raquo; à quelqu&#8217;un qui ne connait pas, qui n&#8217;a pas <em>fait son expérience</em> de Twitter.</p>
<p>C&#8217;est là le drame. Et en même temps le sublime (mais oui, rien que ça — si vous pratiquez un peu ce blog, vous aurez pu remarquer que je n&#8217;ai pas peur d&#8217;<em>élever le débat</em> comme on <em>élève son verre</em>, ou pas loin). Allez, lâchons les chiens de la formule qui tue :</p>
<blockquote><p>Expliquer Twitter à quelqu&#8217;un qui ne l&#8217;a jamais utilisé, c&#8217;est comme expliquer les couleurs à un aveugle.</p></blockquote>
<p>On pourrait, on devrait, même aller plus loin : non seulement il faut l&#8217;avoir déjà utilisé, mais il faut <em>être rentré dedans</em>, comme on rentre dans un livre un peu rebutant. Ça prend du temps, et la probabilité qu&#8217;on abandonne dans les premières heures ou les premiers jours est très élevée.<br />
Dans le cas de Twitter, le &laquo;&nbsp;verdict&nbsp;&raquo; est au choix : &laquo;&nbsp;Twitter, c&#8217;est nul, c&#8217;est juste MSN en moins bien&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;Twitter, c&#8217;est chiant, c&#8217;est pas ça qui va me faire quitter Facebook&nbsp;&raquo;, ou autre &laquo;&nbsp;Dans Twitter c&#8217;est vraiment débile cette limitation à 140 caractères&nbsp;&raquo;.</p>
<h3>Twitter, ça ne sert à rien</h3>
<p>Tiens, parlons-en, des 140 caractères. L&#8217;explication historique, pour ceux qui auraient dormi ces trois dernières années, est que l&#8217;une des premières contraintes auto-imposée par les créateurs de Twitter était d&#8217;envoyer et de recevoir les messages, les <em>tweets</em>, aussi par SMS. D&#8217;ailleurs ça a marché partiellement au départ en france, en 2007 et jusque début 2008 et votre serviteur s&#8217;était pas mal amusé à bricoler quelques bots psychopathes qui pouvaient lui envoyer des SMS intéressants, notamment sur l&#8217;état du trafic RATP. Mais c&#8217;est un autre sujet.<br />
Ces considérations autobiographiques de haute volée mises à part, je vois mal qui aurait en 2006 parié trois carambars sur l&#8217;avenir d&#8217;un service Internet contraignant ses utilisateurs à &laquo;&nbsp;s&#8217;exprimer&nbsp;&raquo; avec une limitation de caractères, qui plus est assez vite atteinte. A l&#8217;heure où le bit se négocie au milliard de kilos comme un vulgaire poste à l&#8217;EPAD, quelle hérésie&#8230; Eh bien non seulement ça a marché, mais ça a permis de montrer, s&#8217;il en était besoin, qu&#8217;abondance de caractères nuit parfois, et qu&#8217;au fond, si on a quelque chose à dire, on peut toujours le dire plus simplement. Ou sinon, c&#8217;est qu&#8217;on se trompe de medium.</p>
<p>Cette contrainte génétique est une chose ; elle n&#8217;explique pas pour autant en quoi définir Twitter est un exercice particulier, ni en quoi comprendre et surtout expérimenter l&#8217;intérêt de Twitter prend du temps.<br />
La raison principale est simple : <strong>Twitter, en tant que tel, ça ne fait rien</strong>. Même si on peut accéder en pur spectateur à une partie des &laquo;&nbsp;messages&nbsp;&raquo; mondiaux, le cœur de Twitter n&#8217;est pas un site mais un service (au sens informatique), dont le rôle se borne, pour résumer, à permettre aux gens de s&#8217;inscrire, de poster des messages ou <em>tweets</em>, de &laquo;&nbsp;suivre&nbsp;&raquo; d&#8217;autres utilisateurs et d&#8217;être suivis (l&#8217;un ne nécessitant pas l&#8217;autre), le principe étant de regrouper et de visualiser en un seul &laquo;&nbsp;fil de message&nbsp;&raquo; tous les <em>tweets </em>des utilisateurs qu&#8217;on suit.<br />
Comme ça, je vous l&#8217;accorde, ça a l&#8217;air et trivial et pas très intéressant.<br />
C&#8217;est parce que <strong>tout reste à faire</strong> : une fois inscrit, il faut suivre des utilisateurs (un certain nombre d&#8217;entre eux vous suivra en retour, surtout si vous commencez à poster des messages). Lesquels ? Ben justement, tout est là : ça dépend de ce que vous recherchez. La difficulté étant que d&#8217;une part rien n&#8217;oblige à savoir exactement ce qu&#8217;on cherche (bah oué, c&#8217;est la vie, quoi), et que d&#8217;autre part, on peut chercher plusieurs sortes de choses.</p>
<h3>Twitter, ça sert à tout</h3>
<p>Voilà l&#8217;essence de la <em>chose Twitter</em>, qui traduit la difficulté qu&#8217;on aura toujours à l&#8217;expliquer : <strong>Twitter, ça sert à ce qu&#8217;on en fait.</strong> Encore faut-il donc s&#8217;y mettre activement, définir et inventer ses usages — qui peuvent être mêlés, et changer au fil du temps, ce qui concourt à la complexité de compréhension de la bête. Utiliser passivement Twitter, c&#8217;est vraiment s&#8217;embêter avec un remplaçant de lecteur de flux RSS peu performant .</p>
<p>Twitter, ça peut servir, dans l&#8217;ordre et le désordre, de manière absolument pas exclusive et parfois complémentaire, à :</p>
<ul>
<li>faire de la veille, en suivant des gens qui postent beaucoup de liens, et/ou des flux RSS repostés</li>
<li>discuter de manière plus ou moins impromptue et décousue avec des gens qu&#8217;on connait</li>
<li>discuter de manière plus ou moins impromptue avec des gens qu&#8217;on ne connait pas, voire les rencontrer ensuite dans la vraie vie</li>
<li>raconter sa vie, qu&#8217;il s&#8217;agisse de détails insignifiants ou d&#8217;épisodes cruciaux</li>
<li>promouvoir des choses qu&#8217;on aime, des sites intéressants, des services et pourquoi pas des choses qu&#8217;on vend</li>
<li>taper sur des choses qu&#8217;on n&#8217;aime pas, râler sur la RATP ou la SNCF</li>
<li>faire des recherches sur ce qui se dit sur tous les sujets imaginables</li>
<li>suivre en direct des émissions de télé palpitantes (ou du moins les commentaires avisés qu&#8217;en font les partisans ou les détracteurs)</li>
<li>participer à des sortes de cadavres exquis ou le multilinguisme le dispute à la variété des sujets</li>
<li>jouer au kamoulox</li>
<li>savoir quel temps il fait à Dunkerque ou New-York&#8230;</li>
</ul>
<p>Et ce qui est vraiment très bien, et intellectuellement excitant, c&#8217;est que ça peut être tout ça, un peu de ça, d&#8217;autre chose, dépendre des jours, dépendre du vent, de votre humeur et de ce qui se passe dans le monde. Bien sûr, cet aspect polymorphe demande une certaine <strong>disponibilité</strong>, en termes de temps et de présence d&#8217;esprit au sens strict.<br />
Il y a peu d&#8217;intérêt à venir sur Twitter (quelle que soit la façon dont on consulte son flux) une fois par mois, tout se passe vite, parfois dans l&#8217;immédiateté et la fugacité, ce qui n&#8217;équivaut pas nécessairement à de l&#8217;inutilité.<br />
Mais on peut aussi laisser filer un, deux, dix jours, et revenir comme un fleur sans que ça soit rédhibitoire ; ça n&#8217;est ni un blog, ni un forum, ni irc, ni msn, ni facebook, ni la pierre philosophale, et pourtant éventuellement un peu de tout ça en même temps.</p>
<p>En résumé, Twitter, comme Internet à sa façon, ne peut être défini et surtout expliqué en une phrase, parce qu&#8217;il y a autant d&#8217;usages de Twitter que d&#8217;utilisateurs.</p>
<p>Le nerf de la guerre, c&#8217;est le choix des gens qu&#8217;on va suivre ; une bonne méthode, c&#8217;est d&#8217;y aller à la pelle au départ, de regarder qui suit qui, qui &laquo;&nbsp;répond&nbsp;&raquo; à qui (avec le signe magique @), et de <em>désuivre</em> rapidement, surtout dans les premières semaines. Comme pas mal de choses, la suite se fait&#8230; en se faisant, et le résultat ne sera pas forcément celui qu&#8217;on avait prévu.<br />
En tout cas, pour peu qu&#8217;on fasse quelques efforts (mais c&#8217;est peut-être là une exigence trop forte), l&#8217;inhabituel et la surprise sont vite au rendez-vous ; le banal et le quotidien aussi, mais il ne faudrait pas non plus demander à la réalité d&#8217;être immédiatement plus géniale que les gens qui la font. Et rien n&#8217;oblige personne à utiliser Twitter, encore moins à suivre des utilisateurs prétentieux ou analphabètes (et je vous le donne en mille : ça fourmille).</p>
<p>Une autre fois, on détaillera peut-être les us et coutumes qui régissent plus ou moins la twittosphère, comme on dit.</p>
<p>______________________________________</p>
<p>Si le sujet vous intéresse, il continue ici : <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-est-il-pour-tout-le-monde/" target="_self"><strong>Twitter est-il pour tout le monde ?</strong></a><br />
______________________________________</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 10 termes à connaître pour être un bon chef de projet</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/09/les-10-termes-a-connaitre-pour-etre-un-bon-chef-de-projet/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 12:52:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[1. La vie c'est comme de la gestion de projet]]></category>
		<category><![CDATA[chef de projet]]></category>
		<category><![CDATA[langage]]></category>
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		<category><![CDATA[pragmatique]]></category>
		<category><![CDATA[proactivité]]></category>
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		<description><![CDATA[Que vous soyez de l&#8217;engeance annonceur ou prestataire, il est vital de posséder un vocabulaire minimal pour pouvoir briller en réunion, spécialement en avant-vente, mais aussi en comité de pilotage, voire au restaurant si vous avez de la chance.
Là où je sévis actuellement, un document interne secret à visée caustique recense ces termes et d&#8217;autres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-546" style="border: 1px solid black;" title="Tous les tips pour être proactif" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/meeting-150x150.png" alt="Vous êtes un winner" width="128" height="128" />Que vous soyez de l&#8217;engeance annonceur ou prestataire, il est vital de posséder un vocabulaire minimal pour pouvoir briller en réunion, spécialement en avant-vente, mais aussi en comité de pilotage, voire au restaurant si vous avez de la chance.</p>
<p>Là où je sévis actuellement, un document interne secret à visée caustique recense ces termes et d&#8217;autres ; la liste qui suit s&#8217;en inspire librement, avec d&#8217;autant moins de scrupules que je suis à l&#8217;origine des deux tiers d&#8217;entre eux.</p>
<p><span id="more-540"></span></p>
<p>- <strong>Levier </strong>: solution en général fictive mais rhétoriquement commode pour faire croire ou se persuader qu&#8217;on a des moyens d&#8217;action. <em>Nous avons identifié les leviers à notre disposition pour raccourcir les délais.</em></p>
<p>- <strong>Paralléliser </strong>: recours ultime lors d&#8217;une négociation de planning, dont le but &#8211; fantasque &#8211; est de diviser linéairement les temps de production par le nombre de ressources affectées. Voir le <a href="/notes/2009/09/le-mythe-de-la-parallelisation/">post consacré au sujet</a>.</p>
<p>- <strong>Pragmatique </strong>(ou sa variante <em>réaliste</em>) : attitude consistant à sacrifier la qualité tout en se défendant de le faire.</p>
<p>- <strong>Proactivité </strong>: technique de management pragmatique consistant à demander au collaborateur de résoudre les problèmes à venir sans les connaître à l&#8217;avance.</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-552 alignright" style="border: 1px solid black;" title="Bravo, vous avez levé une alerte et décidé de temporiser" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/meeting2-150x150.png" alt="Bravo, vous avez levé une alerte orthogonale" width="128" height="128" />- <strong>Proposition<em> </em></strong><em>(force de) </em>: <em>Nous attendons que vous soyez force de proposition</em>. Façon aimable qu&#8217;a le client de demander au prestataire de faire son travail à sa place.</p>
<p>- <strong>Temporiser </strong>: pour le client, indique qu&#8217;il n&#8217;a pas encore pris le temps de trancher les choses dont vous avez absolument besoin pour avancer sur un livrable qu&#8217;il exige pour demain. Pour le prestataire, signifie que les développements qui devaient commencer hier avec trois ressources commenceront la semaine prochaine avec une demie. Doit toujours cependant être utilisé dans une phrase qui laisse penser que tout cela est parfaitement volontaire. <em>Nous avons décidé de temporiser</em>.</p>
<p>- <strong>Tiroir</strong> : dans la vraie vie, élément coulissant d&#8217;un meuble ; dans une proposition commerciale, élément coulissant du devis exigé par le client pour se donner les moyen de faire baisser le montant total. <em>Pouvez-vous  me faire une proposition à tiroirs ?</em> Attention : dans la pratique, le client choisit toujours de conserver des tiroirs qui ne peuvent être réalisés sans ceux qu&#8217;il a retirés.</p>
<p>- <strong>Transverse : </strong>notion à utiliser en biais ; bien commode pour camoufler son ignorance du contenu exact d&#8217;une intervention. <em>Nous avons mobilisé des compétences transverses<strong>. </strong></em></p>
<p>- <strong>Valeur ajoutée : </strong>concept à utiliser sans parcimonie dans tout discours de vérité (voir ci-dessous). <em>Cette fonctionnalité n&#8217;a pas de valeur ajoutée</em>.</p>
<p>- <strong>Vérité<em> </em></strong><em>(discours de)</em> : stratagème circonlocutif, destiné à obscurcir le sens de ce qui est dit sous couvert de transparence (on dit également : <em>&laquo;&nbsp;enfumer&nbsp;&raquo;</em>). Fonctionne également comme prétérition, pour tenter de rester poli : <em>je vais te tenir un discours de vérité, ton code c&#8217;est vraiment de la merde.</em></p>
<p>Bien entendu, toute ressemblance avec des phrases ayant été prononcées dans la vraie vie serait étonnamment fortuite, etc, pardon aux familles tout ça.</p>
<p>__________________________</p>
<p><em>Superbes illustrations trouvées fortuitement chez Getty Images.</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le carreleur et le développeur</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/08/le-carreleur-et-le-developpeur/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 Aug 2009 05:45:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[1. La vie c'est comme de la gestion de projet]]></category>
		<category><![CDATA[analogie]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour des raisons dont le fin mot m&#8217;échappe en partie, mais dont les causes sont vraisemblablement historiques , on a recourt pour ce qui est informatique et systèmes d&#8217;information, à un champ lexical lourdement emprunté à la construction et au BTP : chantier, architecture, maîtrise d&#8217;ouvrage, maîtrise d&#8217;œuvre&#8230;

Divers livres et endroits du web m&#8217;ont indiqué [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-87" style="border: 1px solid black;" title="Encore des spécs mal ficelées" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/immeuble-150x150.png" alt="Encore des spécs mal ficelées" width="128" height="126" />Pour des raisons dont le fin mot m&#8217;échappe en partie, mais dont les causes sont vraisemblablement historiques , on a recourt pour ce qui est informatique et systèmes d&#8217;information, à un champ lexical lourdement emprunté à la construction et au BTP : chantier, architecture, maîtrise d&#8217;ouvrage, maîtrise d&#8217;œuvre&#8230;</p>
<p><span id="more-65"></span></p>
<p>Divers livres et endroits du web m&#8217;ont indiqué que cette tradition était typiquement française , je ne sais pas s&#8217;il y a de quoi s&#8217;en réjouir. Sans parler du fait que la distinction MOA/MOE, notamment, impose une séparation assez artificielle entre le métier (client) et la technique (prestataire), qui finit par opposer politiquement les savoir-faire plutôt que de viser à les faire se rencontrer, sans parler non plus du fait que si dans l&#8217;informatique ou les applications web tout se passait comme lors de la construction d&#8217;un bâtiment, on perdrait sans doute moins de cheveux , sans parler de tout ça donc, même si maintenant c&#8217;est un peu fait, je voudrais <span style="text-decoration: line-through;">élever</span> rediriger le débat (ben tiens) jusqu&#8217;à la question de l&#8217;opportunité et de la pertinence de certaines métaphores fréquemment utilisées dans notre beau métier (les applications web).</p>
<p>Sans grande surprise, quand quelqu&#8217;un dans ledit métier, client ou prestataire, se lance dans une métaphore filée , il puise dans le champ lexical du bâtiment. Déduction (maintenant possible) : il est français ; bon, en général, on le sait déjà.<br />
De manière un peu plus surprenante, quand ça se produit, ne me demandez pas pourquoi mais neuf fois sur dix il ou elle prend l&#8217;exemple d&#8217;un carreleur. Celui qui pose le carrelage, quoi, vous savez le truc par terre, là. Pourquoi le carrelage ? <em>No sé</em> ; on demandera à Freud de se pencher sur la question. Bref.<br />
La suite de l&#8217;histoire, car il s&#8217;agit toujours d&#8217;une histoire personnelle, se résume dans les grandes lignes à :</p>
<ol>
<li>le carreleur a fait un devis précis sur le nombre de mètres carrés à couvrir, voire dans les meilleurs versions, sur le nombre carreaux</li>
<li>il l&#8217;a fait signer avec le sang et il a demandé un acompte</li>
<li>il a réalisé le travail, et toute demande supplémentaire a été facturée</li>
</ol>
<p>Cette narration édifiante (rappelez-vous l&#8217;étymologie d&#8217;<em>édifiant</em>) se termine par une conclusion en forme d&#8217;exhortation : si un carreleur peut le faire, il n&#8217;y a pas de raison qu&#8217;on ne puisse pas y arriver également, et appliquer cette façon de travailler !</p>
<p>C&#8217;est là que je dis : attention, Maurice (mettons que la personne qui a raconté son histoire s&#8217;appelle Maurice). Les raisons, s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;en trouver, il peut y en avoir plein. Je dirais surtout trois choses :</p>
<ol>
<li>Ça n&#8217;est pas parce qu&#8217;une histoire est imagée, avec un exemple de la vie quotidienne (comprenez : concret et qui va parler à tout le monde), moult détail et foult anecdote dont l&#8217;authenticité le dispute à la théâtralité, qu&#8217;elle impose nécessairement comme une conséquence irrévocable et pour ainsi dire congénitale sa vérité, et, encore moins, son caractère de preuve.<br />
Pour le dire avec moins de mots :<strong> fezez gaffe aux images !</strong> Rien ne va de soi, et surtout pas le choix d&#8217;une analogie (le mot est lâché ). D&#8217;une manière générale, l&#8217;image a tendance à endormir l&#8217;intelligence, parce qu&#8217;elle s&#8217;impose aux yeux en un seul morceau .</li>
<li>Conséquence du point précédent : quand il y a une métaphore filée, <strong>questionnez l&#8217;analogie</strong>. Nétadire ? Nétadire qu&#8217;avant de prendre pour argent comptant la conclusion de Maurice, demandez-vous si la relation qui est établie entre, dans notre cas, le fait de poser des carrelages et celui de développer une application web, est effectivement pertinente. Les analogies, c&#8217;est bien, mais on n&#8217;est pas obligé d&#8217;être d&#8217;accord avec les choses qu&#8217;elles présupposent, par exemple que carreler c&#8217;est la même chose que faire un site web.<br />
Déjà, dans la réalité, je connais peu de clients qui demandent l&#8217;équivalent de <em>&laquo;&nbsp;mettez-moi tel carrelage sur ces 12 mètres carrés&nbsp;&raquo;</em> ; au quotidien, ça donne plutôt quelque chose comme <em>&laquo;&nbsp;j&#8217;ai une pièce à refaire, je ne sais pas trop sa surface, mais il faut que ça soit moins salissant&nbsp;&raquo;</em>, suivi après livraison de <em>&laquo;&nbsp;ah mais il allait de soi qu&#8217;il fallait aussi faire les murs, enfin&nbsp;&raquo;</em>.</li>
<li> Ensuite, et c&#8217;est surtout ça le point important, faire une appli web, ça n&#8217;est pas poser du carrelage ; s&#8217;il fallait tenter d&#8217;induire quelque analogie dans le domaine du BTP, ça nous donnerait plutôt :<em> &laquo;&nbsp;en général, faire une appli web, c&#8217;est comme  construire une maison avec un nombre de pièces qui évolue en fonction des actions des habitants, dont la porte les reconnait et leur propose une salle à manger différente selon l&#8217;heure de la journée, avec des escaliers dont le design doit pouvoir être revu toutes les trois semaines sans empêcher les gens de les utiliser, un toit qui protège des intempéries existantes mais aussi non connues à ce jour, une pièce qui fait les déclarations de revenus, déclenche automatiquement le paiement des factures, engage ponctuellement du personnel de ménage&#8230; Tout ça avec une maison de backup qui chaque nuit sauvegarde tout ce qui a été dit ou pensé par les habitants. Ah oui, c&#8217;est pour dans six semaines.&nbsp;&raquo;</em></li>
</ol>
<p>Évidemment, tout de suite, l&#8217;histoire de carrelage tombe un peu à plat.<br />
Mais, pour finir sur une note optimiste, disons qu&#8217;elle n&#8217;est pas complètement inutile, spécialement si on la considère pour ce qu&#8217;elle peut être : une <strong>idée régulatrice</strong>, autrement dit quelque chose qu&#8217;il faut viser.<br />
L&#8217;intérêt éventuel de ce que nous a raconté Maurice, c&#8217;est de dire : les enfants, pour éviter les débordements, il faut toujours garder à l&#8217;esprit que le projet doit tendre le plus possible vers le carrelage. Ça ne sera jamais aussi &laquo;&nbsp;simple&nbsp;&raquo;, mais il faut <em>viser </em>la simplification, l&#8217;explicitation des besoins, et les cadrer pour qu&#8217;ils soient <em>réalistes </em>et <em>raisonnables</em>. Personne ne demanderait à un carreleur de poser trois niveaux de carrelage, et en or massif, et puis aussi de refaire les peintures au passage (pour le même prix, il va de soi). Ben voilà. Pour nous, ça doit être pareil.</p>
<p>Moralité : la prochaine fois que vous entendez parler de carrelage, soyez attentifs à ce qu&#8217;on essaie de vous refourguer comme théorie, il y a de fortes chances pour que ça ne soit pas vraiment approprié.</p>
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