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	<title>Do as i say, not as i do &#187; 3. Sagesse et parts de flan</title>
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	<description>Car dire ça n&#039;est pas toujours faire, mais ça ne coûte rien</description>
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		<title>Réinventer la roue</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 07:57:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[antipatterns]]></category>
		<category><![CDATA[méthodologie]]></category>
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		<category><![CDATA[tradition]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;un des arguments principaux justifiant le recours à un framework (par exemple, au hasard, Symfony), contrebalançant le fait qu&#8217;il est un peu &#171;&#160;lourd&#160;&#187;, est que puisqu&#8217;il prend en charge un grand nombre des tâches répétitives de bas niveau, il évite au développeur d&#8217;avoir, selon l&#8217;expression consacrée, à réinventer la roue à chaque fois qu&#8217;il entame [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1065" style="border: 1px solid black;" title="La roue" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/roue.jpg" alt="La roue" width="128" height="128" />L&#8217;un des arguments principaux justifiant le recours à un framework (par exemple, au hasard, <a href="http://www.symfony-project.org" target="_blank">Symfony</a>), contrebalançant le fait qu&#8217;il est un peu &laquo;&nbsp;lourd&nbsp;&raquo;, est que puisqu&#8217;il prend en charge un grand nombre des tâches répétitives de bas niveau, il évite au développeur d&#8217;avoir, selon l&#8217;expression consacrée, à réinventer la roue à chaque fois qu&#8217;il entame une nouvelle application ou une nouvelle interface.</p>
<p><span id="more-1047"></span>&laquo;&nbsp;Réinventer la roue&nbsp;&raquo; (ou &laquo;&nbsp;rihinveinte zeu ouhile&nbsp;&raquo;, pour les bilingues), c&#8217;est perdre du temps sur quelque chose qui a déjà été fait, bien fait, mieux fait, bref, faire un travail inutile. En programmation, c&#8217;est même un <a href="/notes/2009/09/design-patterns-symfony-explique-a-ma-maman-2/">antipattern</a> célèbre. Si on peut lui reconnaitre dans une certaine mesure un intérêt pédagogique (l&#8217;impétrant développeur, en passant du temps sur une fonctionnalité déjà réalisée, s&#8217;initie au code et à sa logique &#8211; pour peu qu&#8217;il soit guidé), il est clair qu&#8217;on déconseille fortement de réinventer la roue. Si ça a déjà été inventé, coco, pourquoi perdre du temps à le refaire, d&#8217;autant qu&#8217;il y a fort à parier que tu le referas moins bien. En effet, non seulement la roue a déjà été inventée, mais depuis le temps, elle a été perfectionnée.</p>
<p>La bonne pratique est donc de capitaliser, comme on dit, sur ce que les autres ont déjà fait, testé et éprouvé.<br />
En programmation, où l&#8217;Histoire est encore fraiche et où tout va très vite, ces &laquo;&nbsp;autres&nbsp;&raquo; sont parfois des contemporains (voire sont plus jeunes que vous ; sales jeunes), mais pour généraliser on peut dire que cette bonne pratique consiste à apprendre de ce qui a été fait, donc apprendre du passé, des générations précédentes, en d&#8217;autres termes : de ses aînés. Ce passé qu&#8217;on peut plus ou moins consciemment faire fructifier a un nom : <strong>la tradition</strong>.</p>
<p>L&#8217;Histoire se répétant, chaque nouvelle génération a une tendance plus ou moins forte à vouloir se défaire de la tradition, comme une transposition à l&#8217;échelle socio-culturelle de la crise d&#8217;adolescence, où le besoin de conquérir son individualité se traduit parfois par des chocs violents (tant il est évident que pour chaque jeune, les vieux n&#8217;ont vraiment rien compris, et ne peuvent de toutes façons pas le comprendre lui).</p>
<p>Il y a pourtant une réalité douloureuse, c&#8217;est que globalement, vu que l&#8217;Histoire n&#8217;a pas exactement commencé hier, ni même à la naissance de Bill Kaulitz/Brian Molko/Kurt Cobain/Robert Smith/John Lennon (choisissez pour votre génération ou celle qui vous suit), vu que l&#8217;humanité, donc, a quelques heures de vol derrière elle, excusez du peu, <strong>il y a de fortes chances que <em>tout ait déjà été fait</em>.</strong></p>
<h3>Connais tes classiques</h3>
<p>Bien sûr, l&#8217;accélération (on va appeler ça comme ça) de l&#8217;Histoire dûe à la technologie au sens très large, donc depuis la fin du XIXème siècle, fait que dans pas mal de domaines, le passé est bref. Ça a un côté assez sympathique, on peut croire un peu qu&#8217;on défriche des choses — et ça n&#8217;est en partie pas faux —, mais il ne faut pas non plus se faire avoir par une courante <strong>illusion d&#8217;optique</strong> : même si concrètement le contenu du savoir/de la technologie en question est &laquo;&nbsp;différent&nbsp;&raquo;, dans l&#8217;histoire du savoir, on n&#8217;<em>invente</em> que très rarement quelque chose. Pour ne pas dire jamais. La plupart du temps, on repasse en fait par des chemins qui ont déjà été empruntés, même si on ne le sait pas (et dans ce cas, en un sens, on peut se retrouver à réinventer la roue).</p>
<p>Cette illusion repose principalement sur un aveuglement, dû à un manque de connaissance du passé, et la bonne pratique qui préconise de ne pas réinventer la roue exhorte donc à ouvrir les yeux. Mais pour ça, comme on dit, il faut <em>connaître ses classiques</em>. Lire, écouter. Plus tu connais le passé, plus tu maîtrises le présent, plus tu façonnes le futur comme tu le veux (je devrais écrire des slogans pour ERDF, moi).</p>
<p>Ça peut avoir l&#8217;air déprimant comme ça, mais ça ne l&#8217;est que si l&#8217;on se berce de l&#8217;illusion (une autre) qu&#8217;on est le premier de l&#8217;espèce humaine et que tout nous a attendu. Il faut se réveiller. Personne ne nous a attendu, et <strong>les morts sont plus forts que les vivants</strong>.<br />
Mais en fait, c&#8217;est très bien, et ça laisse quand même de la place. Parce que l&#8217;histoire est une perpétuelle redigestion, qu&#8217;elle engendre quand même du nouveau, et qu&#8217;emprunter un chemin qui a déjà été foulé est toujours un nouveau périple.</p>
<p>La morale de cette histoire (qui n&#8217;en est pas une), c&#8217;est que quand l&#8217;ego a réussi à faire le deuil de sa toute-puissance, à entrer dans son humilité, et pas au sens chrétien du terme, alors les choses intéressantes peuvent éventuellement commencer.<br />
J&#8217;aborderai probablement une autre fois le rapport à la tradition, qui n&#8217;est évidemment pas univoque et ne doit pas consister en une soumission absolue (car, <a href="/notes/2009/09/si-a-50-ans-tas-pas-ecoute-du-mahler/">comme disait l&#8217;autre</a>, la tradition ça peut aussi être de la paresse ou de la négligence. Mais pour contester ou dépasser, il faut connaître ce qu&#8217;on prétend dépasser.</p>
<p>__________________________</p>
<p><em>Illustration fort à propos trouvée fortuitement ici : </em><a href="http://plennevaux.be/alexandre/general/monocycle-par-ben-wilson/" target="_blank">http://plennevaux.be/alexandre/general/monocycle-par-ben-wilson/</a></p>
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		<title>L&#8217;appel au bon sens</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 07:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[argumentation]]></category>
		<category><![CDATA[bon sens]]></category>
		<category><![CDATA[méthodologie]]></category>
		<category><![CDATA[rationalité]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ça fait quelque temps que je fomente cette note. A force d&#8217;entendre répéter ça et là que telle ou telle chose n&#8217;est qu&#8217;une question de bon sens, et malgré des années de sommeil (pas si dogmatique), j&#8217;ai fini par remâcher quelques vieilles dispositions anti-cartésiennes dont je vais vous abreuver pas plus tard que tout de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1025" style="border: 1px solid black;" title="Le discours de la thodemé" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/200px-Descartes_Discours_de_la_Methode1.jpg" alt="Le discours de la thodemé" width="128" height="128" /></p>
<p>Ça fait quelque temps que je fomente cette note. A force d&#8217;entendre répéter ça et là que telle ou telle chose n&#8217;est qu&#8217;une <em>question de bon sens</em>, et malgré des années de sommeil (pas si dogmatique), j&#8217;ai fini par remâcher quelques vieilles dispositions anti-cartésiennes dont je vais vous abreuver pas plus tard que tout de suite.</p>
<p>Car oui, s&#8217;il n&#8217;a bien évidemment pas inventé le <em>bona mens</em>, c&#8217;est notre ami Descartes qui installe le &laquo;&nbsp;bon sens&nbsp;&raquo; comme le fourre-tout le plus prospère de l&#8217;histoire de la pensée (occidentale) moderne.</p>
<p><span id="more-1018"></span>La première phrase du premier chapitre de la première partie du fameux/fumeux <em>Discours de la méthode</em> assène anéfé sans autre forme de procès que, selon la formule que chacun connait sans la connaitre :</p>
<blockquote><p><span>Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée </p></blockquote>
<p><span>Il ne faut pas cela dit prendre Descartes pour plus bête qu&#8217;il n&#8217;est ; son bon sens n&#8217;est pas le pur et mou &laquo;&nbsp;sens commun&nbsp;&raquo;, mais une disposition de l&#8217;esprit que chacun peut trouver, une sorte de sagesse de l&#8217;évidence (et sans mauvaise blague, Dieu sait que c&#8217;est son truc, à René, l&#8217;<em>évidence</em>).<br />
Tout comme <em>faire simple</em> est parfois plus <strong>complexe</strong> que <em>faire compliqué</em>, faire comme on dit &laquo;&nbsp;preuve de bon sens&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas si aisé. C&#8217;est que l&#8217;évidence cartésienne est une sorte de préfiguration du résultat de la réduction phénoménologique (enfin, soyons honnêtes, ce sont les phénoménologues qui réinvestissent Descartes un peu moins de trois siècles après).<br />
Il y a le &laquo;&nbsp;bien connu&nbsp;&raquo;, trop connu, qui camoufle, comme le gros drap poilu et poussiéreux d&#8217;années de sensations non questionnées, la phénoménitude du phénomène (Ségo, sors de ce corps).</span></p>
<p><span>Mais quand même, le bon sens selon Descartes est bien à la portée de tout le monde. C&#8217;est <em>la chose du monde la mieux partagée</em>. En une phrase Descartes signe l&#8217;ouverture de la modernité, faisant d&#8217;une &laquo;&nbsp;qualité&nbsp;&raquo; inhérente à tout être humain le butoir à la régression à l&#8217;infini du questionnement philosophique : au bout d&#8217;un moment, il ne faut plus se demander pourquoi, car c&#8217;est <em>bien évident que ça n&#8217;est qu&#8217;une question de bon sens</em>. Jvous la fait à l&#8217;arrache des grands jours, bien sûr, mais l&#8217;argument ontologique<span> (qui sert de base à une preuve de l&#8217;existence de Dieu) ne vaut pas deux cacahuètes de plus.</span></p>
<h3><span>Un coup de poing sur la table</span></h3>
<p><span>Eh oui. Songes-y, toi le voyageur mystérieux (ouaip, j&#8217;ai envie de vous apostropher comme ça), si enfin il <em>suffit</em> de <em>faire preuve</em> de bon sens, il n&#8217;y a plus rien à discuter. Et si tu ne comprends pas, c&#8217;est que tu n&#8217;as pas, ou pas assez, de bon sens. Prends-toi ça dans ta face. Et si tu critiques ou te révoltes, c&#8217;est que tu ratiocines, que tu coupes les cheveux en un multiple de deux, bref, que tu es du côté de la non-clarté (oui, le &laquo;&nbsp;côté obscur&nbsp;&raquo;, ça a des sortes de connotations dont je vais me passer pour ce soir), donc ferme ta mouille.<br />
En quoi le recours à l&#8217;argument, que dis-je, le coup de poing sur la table de l&#8217;invocation du bon sens, est un double geste démagogique — le bon sens est la sagesse des humbles, de la France d&#8217;en bas, pas des intellos parisiens </span><span>— </span><span>et autoritariste : c&#8217;est en fait un ordre impératif de se taire.</span></p>
<p><span>Comprenons-nous bien : je force le trait, comme souvent, pour donner de la chair au propos. Je reconnais tout à fait, je l&#8217;ai évoqué plus haut, la difficulté de la simplicité, et j&#8217;admets qu&#8217;on a souvent tendance à faire d&#8217;emblée compliqué. Je suis assez d&#8217;accord pour mettre la sagesse du côté du <em>moins</em>, ou plutôt du <em>kairos</em>, de la juste mesure, quoi (à strictement parler, le saisissement du bon moment, qui est un art délicat). Et je sais bien que Descartes n&#8217;aurait pas complètement dit le contraire, mais j&#8217;aime bien l&#8217;avoiner, car sous maint aspect il nous a bien plombé. Enfin ça n&#8217;est pas l&#8217;objet.</span></p>
<p><span>Et le <em>bon sens</em>, alors ? Je n&#8217;ai rien contre le bon sens. Quelque soit ce qu&#8217;on entend par là, presque. C&#8217;est plus son invocation, utilisée comme stratagème rhétorique, qui a tendance à me rendre un tantinet suspicieux. </span></p>
<p><span>Ce sera donc le conseil du jour : tout comme quand vous entendez parler de <a href="/notes/2009/08/le-carreleur-et-le-developpeur/" target="_self">carreleur</a>, chaque fois que soudain un <em>appel au bon sens</em> surgit, entendez-le bien, mais ne vous faites pas moucher. <strong><br />
Le bon sens n&#8217;est pas un argument en soi.</strong> Et surtout : il ne va pas de soi (normal, sinon on n&#8217;aurait d&#8217;ailleurs pas à y faire appel&#8230;), donc son irruption dans un discours ne doit pas mettre fin à toutes les questions.<br />
En fait, il ne vaut pas plus qu&#8217;un coup de poing sur la table. Alors ok, un coup de poing sur la table, des fois c&#8217;est utile, mais il faut savoir où on est et ne pas prendre ça pour un argument.<br />
Or, on peut être intimidé par les coups de poing, mais on a toujours le droit de demander des arguments.<br />
</span></p>
<p><span><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La beauty de la poetry dans Symfony</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/symfony-poetry/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 11:24:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[framework]]></category>
		<category><![CDATA[langage]]></category>
		<category><![CDATA[métaphore]]></category>
		<category><![CDATA[symfony]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le développement web comme dans la programmation en général, on utilise  beaucoup de termes empruntés à l&#8217;anglais, dans des versions plus ou moins traduites ou transposées. Comme dans tout langage technique où on utilise, à plus ou moins bon escient, des termes d&#8217;origine étrangère, ça donne lieu dans les échanges oraux ou écrits à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-971" style="border: 1px solid black;" title="La poésie, cbeautiful" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/poetry.jpg" alt="La poésie, cbeautiful" width="128" height="128" />Dans le développement web comme dans la programmation en général, on utilise  beaucoup de termes empruntés à l&#8217;anglais, dans des versions plus ou moins traduites ou transposées. Comme dans tout langage technique où on utilise, à plus ou moins bon escient, des termes d&#8217;origine étrangère, ça donne lieu dans les échanges oraux ou écrits à des phrases mélangeant allègrement des mots d&#8217;origines diverses, dans un melting-pot qui souvent frise le ridicule, mais parfois recèle une bonne dose de poésie (oui, bon, moi ça me parle, cette poésie, je sais bien que ça n&#8217;est pas forcément le cas de tout le monde, mais c&#8217;est comme ça).<br />
<span id="more-947"></span></p>
<p>Je n&#8217;aborderai pas ici le débat, en partie stérile, consistant à se demander s&#8217;il faut traduire ou non tous ces termes et/ou créer des équivalents en français quand il n&#8217;y a pas de mot existant. Une langue vivante est, comme son nom l&#8217;indique, <em>vivante</em> (eh ouaip, ne me remerciez pas), comme tout organisme elle mue, agrège des éléments, transforme de la matière en d&#8217;autres choses, et c&#8217;est très bien (mieux : c&#8217;est vital — une langue que ne bouge plus est, comme on le dit fort bien, une <em>langue morte</em>).</p>
<p>Non, je vais juste ici évoquer quelques uns des mots qu&#8217;on pratique beaucoup en <a href="http://www.sensiolabs.com" target="_blank">environnement professionnel</a>, ceux qui ont pour mon oreille un peu bizarre des résonances particulièrement drôles ou poétiques. Ça me donnera au passage l&#8217;occasion de parler un peu d&#8217;un framework que j&#8217;aime bien (voir <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/08/framework-symfony-explique-a-ma-maman-1/" target="_blank">ici</a>, <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/09/design-patterns-symfony-explique-a-ma-maman-2/" target="_blank">ici</a>, ou <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/09/decouplage-symfony-explique-a-ma-maman-3/" target="_blank">ici</a>). On pourrait appeler cette liste &laquo;&nbsp;les 10 termes à connaître pour <em>speaker</em> fluemment le Symfony <em>in </em>le texte&nbsp;&raquo;.</p>
<ul>
<li><strong>autoload </strong>: ne me demandez pas pourquoi celui-là me plait, il y a des chances que ça ait à voir avec Goldorak (autolargue, quoi).  En ce qui nous concerne, l&#8217;autoload est une fonctionnalité un petit peu magique qui dispense le développeur d&#8217;inclure explicitement chacun des fichiers définissant les classes dont il a besoin, le framework (chez nous, c&#8217;est <a href="http://www.symfony-project.org">Symfony</a>, des fois que je ne l&#8217;aurais pas dit) se chargeant à chaque nouvelle instanciation d&#8217;objet de fouiller les répertoires qui vont bien à la recherche du fichier nécessaire et de l&#8217;inclure dans votre dos sans que vous ayiez à vous en soucier.</li>
<li><strong>bootstraping </strong>: souvent utilisé dans un <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/09/les-10-termes-a-connaitre-pour-etre-un-bon-chef-de-projet/" target="_blank">discours de vérité</a> pour en jeter un max, le <em>bootstraping</em> est littéralement laçage de chaussure (ou serrage de sangle de botte&#8230;) Les <em>bootstrap</em>s sont concrètement des anneaux cousus sur le rebord des bottes, qu&#8217;on utilise pour s&#8217;aider à les chausser. En anglais courant, le verbe <em>bootstrap</em> signifie d&#8217;ailleurs &laquo;&nbsp;se débrouiller tout seul&nbsp;&raquo;. Pour la fine bouche, signalons que dans la littérature anglaise le verbe est également une référence aux aventures du baron de Münchhausen qui, embourbé dans un marécage, s&#8217;en sort en se tirant lui-même par ses bottes pour se propulser dans les airs&#8230;<br />
&laquo;&nbsp;Bootstraper&nbsp;&raquo;, puisqu&#8217;on l&#8217;utilise bien entendu comme verbe francisé, consiste à démarrer le boulot en en prémâchant l&#8217;essentiel, pour obtenir rapidement une base pouvant servir au développement d&#8217;une application plus puissante par la suite.</li>
<li><strong>cécé </strong>: ou &laquo;&nbsp;cici&nbsp;&raquo;, si on le fait à l&#8217;anglaise ; abbréviation et alias de la commande Symfony clear-cache (puis plus récemment cache:clear) utilisée pour <em>clearer</em> le cache (le vider, quoi). On doit entendre chez Sensiolabs environ 167 fois par jour &laquo;&nbsp;t&#8217;as fait un cécé ?&nbsp;&raquo;.</li>
<li><strong>crud </strong>: à prononcer &laquo;&nbsp;crude&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;creude&nbsp;&raquo;, bien sûr. Acronyme de Create-Retrieve-Update-Delete, qui sont les quatre fonctions de base d&#8217;une interface simple d&#8217;administration de données.</li>
<li><strong>fixtures : </strong>toujours un peu difficile à dire pour les français, les <em>fikstcheurzes</em> sont des données servant à tester et/ou initialiser une application, stockées dans un format simple à éditer et à utiliser pour des injections automatiques (voir <em>populate</em> plus bas).</li>
<li><strong>helper </strong>: j&#8217;aime bien l&#8217;idée d&#8217; &laquo;&nbsp;aideurs&nbsp;&raquo; (j&#8217;imagine que l&#8217;administration nous ferait dire &laquo;&nbsp;aidants&nbsp;&raquo;) qui avec leur petits bras muskés font des trucs pour toi. Un <em>helper</em> est en effet une petite fonction destinée en général à retourner du code HTML répétitif, construit avec des paramètres ou propriétés d&#8217;un objet qu&#8217;on lui passe.</li>
<li><strong>hydrate : </strong>liquide et poétique image qui touche au sublime : &laquo;&nbsp;hydrater un objet&nbsp;&raquo; consiste à lui attribuer des valeurs qu&#8217;on a récupérées en vrac par ailleurs (pour faire très simple), cette attribution devant être &laquo;&nbsp;intelligente&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elle doit faire correspondre à la bonne propriété la bonne valeur. On peut &laquo;&nbsp;hydrater à la main&nbsp;&raquo;, ce qui n&#8217;a rien à voir avec une crème de jour, ou recourir à des fonctions qui <a href="http://www.symfony-project.org/cookbook/1_2/en/retrieving_data_with_doctrine#chapter_f6fc97d827760d5157133eaf9798ddaf_array_hydration" target="_blank">mâchent le travail</a>.</li>
<li><strong>populate </strong>: autre métaphore que j&#8217;affectionne particulièrement, qu&#8217;on emploie un peu indifféremment en anglais ou dans sa version française ( &laquo;&nbsp;peupler&nbsp;&raquo;, ou le néologique &laquo;&nbsp;populer&nbsp;&raquo;). <em>Peupler </em>une base de données consiste à lui injecter des données de tests ou des données initiales nécessaires à l&#8217;application (utilisateurs, contenus de départ&#8230;) ; pour faciliter la vie des développeurs, il existe dans Symfony des façons d&#8217;automatiser cette action pour pouvoir la répéter en deux coups de cuiller à pot et insérer des <em>fixtures</em> en une seule commande.<br />
Il existe aussi la variante &laquo;&nbsp;<strong>repeupler</strong>&laquo;&nbsp;, qui désigne le fait de réafficher les données saisies par l&#8217;utilisateur dans un formulaire s&#8217;il contient des erreurs ou doit être complété. On a tous un jour expérimenté la douleur de l&#8217;absence de repopulation, quand on a passé du temps à remplir un formulaire, qu&#8217;on valide, qu&#8217;il est refusé pour une quelconque raison, mais est réaffiché tout vide, et qu&#8217;on doit tout ressaisir&#8230; Vous pourrez maintenant hurler &laquo;&nbsp;IL N&#8217;A PAS ÉTÉ REPEUPLÉ, BORDEL DE M&#8230; !&nbsp;&raquo;</li>
<li><strong>routing </strong>: celui-là aussi on le traduit peu (le &laquo;&nbsp;routage&nbsp;&raquo; gardera quoiqu&#8217;on en dise toujours une connotation de service postal). Le routing est le mécanisme qui réécrit et/ou traduit les urls (selon le sens où on le regarde) pour permettre de paramétrer des adresses, comme on dit, plus sympathiques pour les utilisateurs et les moteurs de recherche (respectivement : <em>user-friendly</em>, et <em>search-engine-friendly</em> ; ouéééé, copaaaing !) Il est lié à ce qu&#8217;on appelle la réécriture d&#8217;url, qu&#8217;on dit très souvent à l&#8217;anglaise aussi : l&#8217;<em>iouharelle riraïtingue</em>.</li>
<li><strong>sandbox </strong>: littéralement &laquo;&nbsp;bac à sable&nbsp;&raquo;, désigne une mode autonome de distribution d&#8217;une application, pour faciliter son installation et permettre des tests où les risques d&#8217;impact pour le reste du serveur sont limités sinon nuls. En d&#8217;autres termes : pour faire joujou dans son bac à sable où on peut tout crader sans gêner personne.</li>
<li><strong>scaffolding </strong>: image très sympathique, qu&#8217;on pourrait traduire par &laquo;&nbsp;échaufadage&nbsp;&raquo;. Assez proche du <em>bootstraping</em>, le <em>scaffolding</em> est plus spécifiquement lié à la façon d&#8217;exploiter la structure d&#8217;une base de données. Il se base sur une description formalisée de cette structure (dans <a href="http://www.symfony-project.org/book/1_2/08-Inside-the-Model-Layer#chapter_08_sub_beyond_the_schema_yml_the_schema_xml" target="_blank">Symfony, par exemple</a>, dans un fichier <em>schema.yml</em>) pour générer automatiquement une interface d&#8217;administration <em>crud </em>(voir plus haut). C&#8217;est ce que fait le bien nommé <em>admin generator</em>,  affectueusement appelé <em>admin gen </em>(prononcez &laquo;&nbsp;admine jène&nbsp;&raquo;), dans Symfony. En quoi on peut dire : &laquo;&nbsp;l&#8217;<em>admin gen</em>, ça consiste à <em>bootstraper </em>ton <em>backoffice </em>en faisant du <em>scaffolding</em> avec des interfaces <em>crud&nbsp;&raquo;</em>. <em><br />
</em>Cpas <em>beautiful</em>, ça ?</li>
</ul>
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		<title>Twitter est-il pour tout le monde ?</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-est-il-pour-tout-le-monde/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 12:03:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme l&#8217;harmonie des sphères a l&#8217;air parfaitement réglée, il se trouve qu&#8217;hier un article a été posté sur slate.fr (http://www.slate.fr/story/11825/twitter-facebook-journalistes-ego), illustrant de manière assez frappante mon propre propos du vendredi précédent :  http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-explique-a-ma-maman/.

Titiou Lecoq nous y explique pourquoi le &#171;&#160;réseau social&#160;&#187; Twitter &#171;&#160;ne va pas conquérir le monde&#160;&#187;, en reprenant l&#8217;argument (fort juste au demeurant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-913" style="border: 1px solid black;" title="Mais heu" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/qui-qua-la-plus-grosse_th.jpg" alt="Mais heu" width="128" height="128" />Comme l&#8217;harmonie des sphères a l&#8217;air parfaitement réglée, il se trouve qu&#8217;hier un article a été posté sur slate.fr (<a href="http://www.slate.fr/story/11825/twitter-facebook-journalistes-ego" target="_blank">http://www.slate.fr/story/11825/twitter-facebook-journalistes-ego</a>), illustrant de manière assez frappante mon propre propos du vendredi précédent :  <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-explique-a-ma-maman/" target="_blank">http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-explique-a-ma-maman/</a>.</p>
<p><span id="more-892"></span></p>
<p>Titiou Lecoq nous y explique pourquoi le &laquo;&nbsp;réseau social&nbsp;&raquo; Twitter &laquo;&nbsp;ne va pas conquérir le monde&nbsp;&raquo;, en reprenant l&#8217;argument (fort juste au demeurant, et déjà développé notamment ici <a href="http://www.ecrans.fr/Sur-Twitter-on-se-suit-sans-trop,7483.html" target="_blank">http://www.ecrans.fr/Sur-Twitter-on-se-suit-sans-trop,7483.html</a>) selon lequel il ne faut pas se laisser avoir par l&#8217;illusion d&#8217;optique qui cache qu&#8217;en partie que le <em>phénomène Twitter</em> est créé et entretenu par une toute petite frange de la population internetesque, celle qui l&#8217;utilise, et qui en parle, et qui est la population qui parle sur internet, et qui parle de son utilisation dans une sorte de cercle sans aucun doute égocentré (quelle surprise) se nourrissant lui-même à l&#8217;infini ou presque.</p>
<p>L&#8217;article de slate.fr est bien étayé par ailleurs ; il rappelle, s&#8217;il en est besoin, que la majorité des internautes n&#8217;utilise pas Twitter, n&#8217;est pas drogué de l&#8217;info en continu, et que si vous n&#8217;avez pas des infos capitales à y poster, ça n&#8217;est effectivement pas d&#8217;un grand intérêt (mais j&#8217;ai comme l&#8217;impression qu&#8217;on dit là &laquo;&nbsp;si tu ne dis rien d&#8217;intéressant, ça n&#8217;est pas intéressant&nbsp;&raquo;, ce que je ne me risquerai pas à contredire malgré mon goût pour la rhétorique).</p>
<p>Il pointe aussi le fait que tout ce qui relève de l&#8217;info pratique peut tout à fait être répandu par d&#8217;autres biais (Facebook par exemple), ce que personne n&#8217;a cherché à nier non plus &#8211; heureusement que les infos peuvent être diffusées par plusieurs médias, sinon on serait quand même dans la mouise.</p>
<p>Il pilonne enfin — c&#8217;est sa thèse de fond, confer l&#8217;image d&#8217;illustration choisie — la sphère webjournalistique/blogueuse et sa propension souvent ridicule à gonfler son égo jusqu&#8217;à l&#8217;explosion, ou à chercher à montrer qu&#8217;on a bien la plus grosse, point sur lequel il n&#8217;y pas grand chose à redire non plus.</p>
<h3>Un mauvais procès</h3>
<p>Bref, je suis d&#8217;accord avec l&#8217;essentiel de ce qui y est écrit.</p>
<p>Mais l&#8217;article me semble tout de même trahir une incompréhension de la <em>chose Twitter</em>, souvent entretenue par ses propres défenseurs d&#8217;ailleurs. <strong>Non, Twitter n&#8217;est pas un réseau social.</strong> Il n&#8217;est pas destiné à concurrencer ou remplacer Facebook, MSN, l&#8217;email ou les blogs — ou alors, c&#8217;est une erreur stratégique qui frôle la débilité.<br />
Si Twitter ambitionne d&#8217;être un réseau social, on peut dire en effet qu&#8217;il est mal barré : il faut rapidement supprimer la limitation de caractères, probablement rendre bijective la connexion entre les utilisateurs , rajouter plein de gadgets susceptibles d&#8217;attirer et de faire rester tout ce qui relève du ROFLMAO ou du MER IL ET FOU (désolé, il fallait que je le fasse)&#8230;</p>
<p>Mais non. Twitter est un outil polymorphe qui, comme j&#8217;essayais de le pointer <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/twitter-explique-a-ma-maman/" target="_blank">l&#8217;autre jour ici</a>, <strong>sert à ce qu&#8217;on en fait</strong>, ni plus, ni moins. Rien d&#8217;étonnant donc à ce que les &laquo;&nbsp;professionnels du web&nbsp;&raquo;, qui sont en effet les premiers utilisateurs, aient pour l&#8217;instant surtout développé, à leur corps défendant ou non, le côté info en temps réel, promotion et branding, et clash deupoinzéro. Pour paraphraser une sentence que j&#8217;aime bien : <em>on a le Twitter qu&#8217;on mérite</em>.</p>
<p>Enfin, comme annoncé en début de post, L&#8217;article de slate.fr illustre le phénomène que je décrivais, et qu&#8217;on peut (re)formuler comme suit : si on ne prend pas  un peu, voire beaucoup, de temps pour expérimenter Twitter, on pourra difficilement avoir compris à quoi ça pouvait servir.<br />
Cela dit, je tiens à ajouter, si ça n&#8217;est pas assez clair, qu&#8217;il n&#8217;y a aucune obligation à se mettre à Twitter ni même, pour peu qu&#8217;on l&#8217;ait expérimenté suffisamment, à y rester, à trouver ça intéressant ou génial.<br />
Sans même parler de l&#8217;ambiance facilement rebutante qui peut y régner quand nos grands blogeurs hexagonaux ou autres se démontent verbalement la tête ou exhibent leurs parties (en même temps, personne ne vous oblige à suivre des boulets infatués, hein&#8230;), je peux tout à fait concevoir qu&#8217;on ne trouve, pour le dire ainsi, <strong>rien à en faire</strong>, après tout. Pour répondre à la question du titre : non, Twitter n&#8217;est pas forcément pour tout le monde. Si ça ne vous intéresse pas, ça n&#8217;est ni un crime ni une tare.</p>
<p>En revanche, annoncer que Twitter ne peut servir à &laquo;&nbsp;créer du fond&nbsp;&raquo; et que &laquo;&nbsp;la limite de signes interdit la création de contenu&nbsp;&raquo;, c&#8217;est montrer qu&#8217;on n&#8217;est pas rentré dedans (une fois encore, ça n&#8217;a rien d&#8217;obligatoire ou d&#8217;indispensable), et qu&#8217;on rate quelque chose sur la création (oui, c&#8217;est un gros mot) d&#8217;une façon générale.<br />
Que la limitation à 140 caractères soit une sacré contrainte, c&#8217;est évident, mais c&#8217;est aussi un défi intéressant.<br />
Cela étant, dire qu&#8217;on ne peut pas <em>créer du fond </em>(j&#8217;adore cette expression, ça me fait penser à une valise à double-fond) c&#8217;est faire un mauvais procès à Twitter, et lui reprocher de ne pas être ce qu&#8217;il n&#8217;a pas à être : il ne remplacera jamais le cadre d&#8217;un blog ou d&#8217;autre chose pour une certaine forme d&#8217;écriture. Le fond est toujours fond de sa forme, donc les contraintes d&#8217;un mode d&#8217;expression influent sur ce qu&#8217;on en peut faire, voire le structurent fondamentalement.</p>
<p>Nous sommes donc bien d&#8217;accord, je crois, sur le fait que penser que Twitter ou le &laquo;&nbsp;web de flux&nbsp;&raquo; sont supérieurs au web tout court, voire destinés à le remplacer, n&#8217;a pas vraiment de sens, car les modes et les niveaux d&#8217;expression s&#8217;additionnent, ils ne se remplacent jamais vraiment. Mais je ne sais pas trop qui a ce discours sur Twitter — pas moi en tout cas. Et ceux qui l&#8217;ont éventuellement sont de bien piètres avocats.</p>
<p>Toutes ces considérations, enfin, ne contredisent en rien le fait que le &laquo;&nbsp;niveau&nbsp;&raquo;, sur Twitter, est bien inégal, voire pas terrible la plupart du temps. Mais ça n&#8217;est pas parce que les romans de gare pullulent qu&#8217;on doit jeter ou déprécier toute la littérature.</p>
<p>__________________________</p>
<p><em>La jolie illustration a été subtilisée <a href="http://soisbelleetparle.fr/tag/classement-wikio/" target="_blank">ici</a>.<br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Artistes et artisans</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/10/artistes-et-artisans/</link>
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		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 12:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[artisanat]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[pragmatique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a de cela quelque temps, un certain Fabien Potencier a commis un fort inspirant article de blog : http://fabien.potencier.org/article/32/developers-should-be-artists (en anglais, désolé pour ceux qui seraient réfractaires à la langue de Shakespeare). Je ne ferai pas un résumé de ce post brillant et édifiant (le premier qui me traite de fayot je le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-869" style="border: 1px solid black;" title="Art et artisanat" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/artisanat.png" alt="Art et artisanat" width="128" height="128" />Il y a de cela quelque temps, un certain Fabien Potencier a commis un fort inspirant article de blog : <a href="http://fabien.potencier.org/article/32/developers-should-be-artists" target="_blank">http://fabien.potencier.org/article/32/developers-should-be-artists</a> (en anglais, désolé pour ceux qui seraient réfractaires à la langue de Shakespeare). Je ne ferai pas un résumé de ce post brillant et édifiant (le premier qui me traite de fayot je le vire), zavez qu&#8217;à le lire.</p>
<p><span id="more-348"></span></p>
<p>Disons que mon point est le suivant : dans le développement d&#8217;applications, comme dans tous les métiers où il y a une part de &laquo;&nbsp;création&nbsp;&raquo; — ou disons de <em>poïesis,</em> pour se la jouer à la Aristote —, règne une sorte de flou, entretenu en général inconsciemment par les acteurs de ces métiers, sur le statut de ceux qui &laquo;&nbsp;produisent&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Tantôt ils sont traités comme de simples <em>exécutants, </em>tantôt comme plus, voire bien plus, que cela, et on a conscience de leur rôle de créateur au sens large, voire d&#8217;artiste ; on retrouve par exemple clairement cette séparation  en graphisme, où on distingue la <em>créa </em>de l&#8217;<em>exé</em>.<br />
Ne parlons pas de susceptibilités individuelles plus ou moins mal placées qui s&#8217;additionnent à ces considérations, ça nous évitera d&#8217;y passer la nuit. Nommons en revanche tout de suite (mieux) le couple qui fonde cette histoire : <strong>l&#8217;art et l&#8217;artisanat.</strong></p>
<p>Pour une fois, le français est plus près de l&#8217;ambiguïté intrinsèque du réel que l&#8217;anglais, qui sépare très violemment, dans un geste presque germanique, <em>art</em> et <em>craftwork</em>, sans qu&#8217;on entende un quelconque lien de famille entre les deux — et en plaçant clairement le second du côté du travail.</p>
<p>En français, les deux mots sont très proches ; ils portent assez bien toute la problématique dans son non-dit, ou son peu-dit. Il y a d&#8217;un côté l&#8217;artiste, de l&#8217;autre l&#8217;artisan. Bien évidemment, rien n&#8217;empêche l&#8217;artisan d&#8217;agir par moments comme un artiste, ni l&#8217;artiste de mettre de temps à autres un costume d&#8217;artisan (c&#8217;est même fréquent, spécialement dans les arts dits plastiques). Mais socialement, la distinction est capitale.</p>
<p>Sans rentrer dans des considérations sociologico-historiques interminables, et sans faire du Norbert Elias à la petite semaine, notons que le concept d&#8217;<em>artiste</em> n&#8217;existe pas vraiment chez nous autres occidentaux avant l&#8217;époque romantique, disons à la hache le début du XIXème siècle. Il y a évidemment (l&#8217;histoire réelle ne marche pas avec des dates couperets toute simples et bien découpées) des précursions, pour inventer un mot, dans les siècles qui précèdent (il suffit de penser à Dürer ou Poussin), mais globalement, avant le XIXème siècle, la <strong>conscience d&#8217;agir comme artiste</strong><em> </em>n&#8217;existe pas.</p>
<p>Aucun des maîtres qu&#8217;on reconnait actuellement ne se serait défini comme <em>artiste</em>, ou aurait dit que son &laquo;&nbsp;métier&nbsp;&raquo; était d&#8217;être artiste. Ce qu&#8217;ils faisaient était certes un métier, mais pas très valorisé, et dépendant de mécènes de niveaux divers, et en tous les cas, de <em>commandes</em>. Car c&#8217;est le fond de la question : c&#8217;est bien d&#8217;être un artiste, peu importe ce que cela veut dire, mais il faut comme dirait l&#8217;autre mettre du beurre dans les épinards.</p>
<h3>L&#8217;œuvre sur commande</h3>
<p>Sauf à être rentier, donc, avant l&#8217;époque moderne, celui qui œuvre dans un domaine qu&#8217;on dirait aujourd&#8217;hui artistique (musicien, peintre, sculpteur&#8230;) travaille sur commande. Michel-Ange et ses potes dans la chapelle Sixtine, Mozart pour toutes ses œuvres (pas seulement son Requiem, à peine commencé), tous exécutent une <em>commande</em>, se font payer (plus ou moins bien, à 365 jours fin de mois parfois), et pour aussi inspirés et géniaux qu&#8217;ils soient, sont à peine mieux considérés que des valets de chambre dans l&#8217;échelle sociale, et il ne leur vient pas à l&#8217;esprit de peindre ou composer hors de ce cadre.</p>
<p>Même si je force un poil le trait, et s&#8217;il n&#8217;est pas du tout question de dire que ce qui a été produit dans ce contexte ne peut pas être parfois de l&#8217;ordre du chef-d&#8217;œuvre, ce qui importe c&#8217;est la conscience de soi qu&#8217;ont ces gaillards. Si le larron Mozart a des  tourments existentiels, jamais il ne prend la pose d&#8217;un &laquo;&nbsp;artiste&nbsp;&raquo;, encore moins incompris ou malheureux.<br />
Cette <em>posture </em>n&#8217;éclot qu&#8217;au siècle suivant, avec entre autres des allemands (tiens donc) comme Beethoven, et surtout Schubert. Dans le Massin, il est dit que Schubert est le premier musicien à écrire symptomatiquement &laquo;&nbsp;pour lui&nbsp;&raquo;. L&#8217;histoire dit qu&#8217;il commença un opéra (<em>Le comte de Gleichen</em>), sans commande et que, bien que la partition en cours soit refusée par la censure, il le termina, affirmant ainsi une individualité et une incarnation de la création comme telle, hors de tout métier.</p>
<p>Si historiquement ça n&#8217;est peut-être pas complètement exact, le geste est tout de même fondateur, et signe d&#8217;un virage : celui de l&#8217;apparition d&#8217;une conscience d&#8217;<em>être-artiste</em>, qui n&#8217;a pas à souffrir les contingences pécuniaires d&#8217;un mécène plus ou moins cultivé, et doit s&#8217;exprimer quoiqu&#8217;il advienne, car elle procède d&#8217;une nécessité qui transcende le trivial et le quotidien.</p>
<p>D&#8217;où le personnage de <em>l&#8217;artiste maudit</em>, pauvre slash malade slash méconnu-de-son-vivant, emblématique de ce nouveau <em>type</em> social.<br />
Difficile d&#8217;imaginer qu&#8217;il pourrait exister un &laquo;&nbsp;artisan maudit&nbsp;&raquo;&#8230; Dans notre partition, l&#8217;artisan c&#8217;est l&#8217;exécutant, le technicien, le laborieux, qui répète des gestes appris, parfois jusqu&#8217;à un certain degré de beauté, mais jamais hors de l&#8217;immanence du travail. En tant qu&#8217;artiste, en revanche, on se doit d&#8217;être affranchi de ces contraintes.</p>
<p>Je ne m&#8217;attarderai pas non plus aujourd&#8217;hui sur l&#8217;évolution historique et culturelle qui a voulu qu&#8217;on institutionnalise et qu&#8217;on étatise l&#8217;art, et qui contribue à une sorte, sinon de perversion, du moins de torsion assez ambivalente de concept, ça sera peut-être pour une autre fois.</p>
<p>Toujours est-il, pour en revenir au sujet de départ, qu&#8217;il est de toute évidence difficile, voire impossible car antinomique, de concilier art et métier, c&#8217;est-à-dire art et artisanat.<br />
Non pas, une fois encore, que les deux ne se mélangent pas via de nombreux points de contact, mais parce que le pragmatique va toujours très rapidement supplanter le poïétique, pour des raisons simples qu&#8217;on déplorera peut-être mais qui veulent que votre patron, sauf exception étrange, ne vous paiera pas pour faire de l&#8217;art.</p>
<p>Et quand bien même il le ferait, au fond, cela invaliderait d&#8217;emblée votre &laquo;&nbsp;œuvre&nbsp;&raquo;, parce que d&#8217;une certaine manière, pour que l&#8217;art soit art, il ne faut pas que cela soit payé et que, pour céder à la formule facile, on ne fait pas d&#8217;art <em>à la commande</em>.</p>
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		<title>L&#8217;informatique et bibi, 1ère partie</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 11:31:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[alice]]></category>
		<category><![CDATA[amstrad]]></category>
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		<description><![CDATA[
Je suis né l&#8217;année que l&#8217;on désigne comme celle du début de la micro-informatique, en raison de la commercialisation du premier micro-ordinateur, le Micral , machine vendue toute assemblée et basée sur le micro-processeur 8008 d&#8217;Intel. Mais malgré cet augure, et quoique j&#8217;aimerais bien me la raconter en clamant que j&#8217;ai touché un clavier avant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-322" style="border: 1px solid black;" title="print a$" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/cpc6128.png" alt="print a$" width="128" height="128" /></p>
<p>Je suis né l&#8217;année que l&#8217;on désigne comme celle du début de la micro-informatique, en raison de la commercialisation du premier micro-ordinateur, le Micral , machine vendue toute assemblée et basée sur le micro-processeur 8008 d&#8217;Intel. Mais malgré cet augure, et quoique j&#8217;aimerais bien me la raconter en clamant que j&#8217;ai touché un clavier avant de savoir marcher, mes premiers contacts avec les ordinateurs n&#8217;ont eu lieu qu&#8217;une dizaine d&#8217;années plus tard.</p>
<p><span id="more-302"></span> Sans bien savoir pourquoi exactement, je me souviens avoir à l&#8217;époque souvent rêvé d&#8217;Alice. Nan, pas la blonde transparente qui accourt quand on fait &laquo;&nbsp;ouh ouh&nbsp;&raquo;. Alice, un superbe ordinateur 8 bits à 1 Mhz, <a href="http://www.mo5.com/musee/fiche.php?id=alice" target="_blank">tout rouge</a>, avec 4 Ko de RAM, dont les boîtes et manuels étaient ornés de <a href="http://mo5.com/commun/images/ordinateurs/matrahachette/boite_alice32.jpg" target="_blank">dessins de Moëbius</a>, rien que ça.<br />
Malgré ces premières geekeries oniriques, ça n&#8217;est pas un produit Matra-Hachette qui m&#8217;a initié à l&#8217;informatique mais le clavier QWERTYUIOP grisâtre d&#8217;un Amstrad CPC 6128, au moment où par ailleurs (bien sûr je l&#8217;ignorais) Microsoft sortait la version 1.0 d&#8217;un certain OS à fenêtres.<br />
Le CPC 6128, son Basic intégré de chez Locomotive Software avec les dollars après les noms de variable, l&#8217;éditeur ligne à ligne, les listings de programmes d&#8217;Amstrad Magazine tapés au mépris de mon avenir oculaire et, entre autres, Macadam Bumper et Jet Set Willy. Comme <a href="http://www.bouletcorp.com/blog/index.php?date=20041009" target="_blank">Boulet</a>, on avait avec mes frangins fait une carte détaillée de toutes les pièces, mais on n&#8217;a jamais réussi à ramasser suffisamment de verres pour ne pas nous faire rembarrer par Maria . Saleté.<br />
Côté programmation, mon premier chef-d&#8217;œuvre a dû ressembler à un truc comme ça :</p>
<pre>10 CLS:MODE 1
20 INPUT "QUEL EST TON NOM :",A$
30 CLS
40 PRINT "BONJOUR ",A$
50 END</pre>
<p>Ça s&#8217;améliora au fil des mois, bien sûr, et le Turbo Pascal succéda au Basic. Maintenant que j&#8217;y pense, j&#8217;avais aussi écrit en Basic un programme de boîtes aux lettres (à la mode Minitel, on disait &laquo;&nbsp;BAL&nbsp;&raquo;, pas encore &laquo;&nbsp;mail&nbsp;&raquo;), qui permettait de créer un compte et d&#8217;envoyer des messages à d&#8217;autres utilisateurs. Messages sauvegardés sur une disquette 3 pouces double face de 178 Ko, of course. Bé ouaip.<br />
Torride&#8230; à condition d&#8217;avoir la bonne disquette sous le coude, évidemment. Les RFC <a href="http://www.normes-internet.com/normes.php?rfc=rfc821" target="_blank">821</a> et <a href="http://www.normes-internet.com/normes.php?rfc=rfc1939" target="_blank">1939</a> m&#8217;auraient été d&#8217;un grand secours mais, comment dire, on n&#8217;avait pas encore internet à la maison. Et pour cause. Le web n&#8217;existait même pas, ou était tout juste en train d&#8217;être conçu par Caillau et Berners-Lee.</p>
<p>Fin 80-début 90, donc, bien qu&#8217;en section littéraire, j&#8217;avais pris l&#8217;option informatique au lycée. On travaillait sur des PC sous DOS &#8211; probablement la version 4 &#8211; avec des <a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/08/spec-de-comptoir/" target="_blank">disquettes 5 pouces 1/4</a>, et c&#8217;était encore du Turbo Pascal. Évidemment, toujours pas d&#8217;internet ou de web, il faudra attendre encore quelques années pour que ça arrive en France. Pas de Windows non plus, la version 3.1 sortira l&#8217;année suivant mon Bac, et je ne la découvrirai que lorsque j&#8217;aurai à saisir mon mémoire de maîtrise sous Word 6 (livré sur sa demi-douzaine de disquettes).<br />
<img class="size-full wp-image-306 alignright" style="border: 1px solid black;" title="Sans déc', ça marche" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/dactylogiciel.png" alt="Sans déc', ça marche" width="100" height="100" />On est alors en 1995, et le PC 486SX2 de mes parents (la dernière génération avant le Pentium) surmonté de son écran 14 pouces encaisse surtout des heures de Démineur. Mais c&#8217;est quand même sur ce clavier que j&#8217;apprends à me défaire des habitudes du QWERTY et à taper à plus de trois doigts, grâce à Dactylogiciel 3 de chez Micro Application (mais si, ça marche).<br />
A l&#8217;époque, j&#8217;ai un peu laissé tomber la programmation. Si j&#8217;ai bien abordé le Prolog en Licence de Logique, ça n&#8217;a pas dépassé les salles de cours et les carnets de notes. L&#8217;arrivée de la première connexion internet changerera la donne.</p>
<p><strong>&#8230;Tou bi continioude</strong> (suspens insoutenable)</p>
<p><em>Dans le prochain épisode, on découvrira comment avec une applet java et 100Ko de javascript on peut en 1998 écrire un crawler utilisé pour faire de la recherche full-text dans les pages HTML d&#8217;un site&#8230;</em></p>
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		<title>Si à 50 ans t&#8217;as pas écouté du Mahler, t&#8217;as raté ta vie</title>
		<link>http://www.do-as-i-say.com/notes/2009/09/si-a-50-ans-tas-pas-ecoute-du-mahler/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Sep 2009 12:45:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>LaurentLC</dc:creator>
				<category><![CDATA[3. Sagesse et parts de flan]]></category>
		<category><![CDATA[mahler]]></category>
		<category><![CDATA[mélodie]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>

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		<description><![CDATA[
Une fois n&#8217;est pas coutume, on ne parlera ici ni de frèmeouorque, ni de design pattern, ni de champ lexical. L&#8217;un de mes nombreux vices, au-delà de la bière, des tournures improbables et de l&#8217;affèterie syntaxique, consiste en un rapport viscéral avec musique.
Pas uniquement classique, mais pour aujourd&#8217;hui, ça sera le sujet — encore que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-686" style="border: 1px solid black;" title="Mahler en pleine action" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/mahler.jpg" alt="Mahler en pleine action" width="128" height="128" /></p>
<p>Une fois n&#8217;est pas coutume, on ne parlera ici ni de <a href="/notes/2009/08/framework-symfony-explique-a-ma-maman-1/">frèmeouorque</a>, ni de design pattern, ni de champ lexical. L&#8217;un de mes nombreux vices, au-delà de la bière, des tournures improbables et de l&#8217;affèterie syntaxique, consiste en un rapport viscéral avec musique.</p>
<p>Pas uniquement classique, mais pour aujourd&#8217;hui, ça sera le sujet — encore que je doute de parler d&#8217;électro ou de minimale allemande sur ces pages un jour, mais bon, on ne sait jamais.</p>
<p><span id="more-663"></span></p>
<p>Comme j&#8217;aime bien aussi, outre l&#8217;affèterie, les sentences définitives, voilà ce par quoi je vais commencer : dans l&#8217;histoire de la musique classique (rien que ça), il y a trois gars qui font l&#8217;entrée, le plat de résistance et le dessert, ce sont respectivement Bach, Mozart, et Mahler. La métaphore culinaire étant un peu molle comme de la gelée, disons plutôt qu&#8217;ils font l&#8217;aube, la journée et le crépuscule — tout de suite ça claque bien mieux.</p>
<p>Je ne vous ferai pas aujourd&#8217;hui de chapitre sur Bach ou Mozart, ce que vous aurez compris vu le titre. Disons pour faire <span style="text-decoration: line-through;">extrêmement</span> atrocement schématique que le premier est la charnière entre le baroque et le classique, qui s&#8217;articule d&#8217;un point de vue (un poil) technique autour de l&#8217;avènement du <em>tempérament égal</em>, que le second déploie en réalisant la synthèse du galant et du savant, comme on dit — synthèse qui, comme de juste en dialectique, dépasse les deux. Et puis bien sûr, pour parler quand même d&#8217;un épisode interne pas inintéressant, il y a Beethoven, qui en torturant maladroitement un style assez héroïque, nettoie la place pour le romantisme qu&#8217;il porte un peu comme un alien en lui (je suis content de pas être prof de musico, soudain). Ainsi que d&#8217;autres grands malades au XIXème siècle, malheureux (Schubert), fous (Schumman) ou mégalos (Wagner), qui entament une réelle sape de l&#8217;édifice classique.</p>
<p>Et au bout de tout ça il y a Gustav Mahler. Pour tenter une analogie qui ne jettera pas forcément beaucoup plus de clarté mais que j&#8217;aime bien, disons que Mahler est à la musique classique ce qu&#8217;Heidegger est à la philosophie moderne : une déconstruction par l&#8217;intérieur après laquelle, du point de vue historique, il faut faire autre chose.</p>
<h2>La fin de la musique</h2>
<p>Bien sûr, l&#8217;Histoire ça ne marche pas comme ça, et il y a toujours des gens qui continuent à faire de la philosophie comme du temps de Descartes ou Spinoza (en pire, par exemple des individus dont le nom commence par Comte et se termine par Sponville).<br />
De même il y a toujours des gens qui continuent à faire de la musique comme du temps de Mozart (en pire, par exemple des individus dont le nom commence par André et se termine par Rieu), comme il y a et y aura toujours des peintres du dimanche faisant des natures mortes ou immortalisant leurs chatons.<br />
Qui plus est, les &laquo;&nbsp;tournants&nbsp;&raquo; de l&#8217;Histoire dont je parle ne sont en fait pas des moments univoques et homogènes, et ils engendrent des conséquences multiples et sèment dans différentes directions. Il serait assez naïf de dire qu&#8217;après Heidegger il n&#8217;y a plus de problème de l&#8217;être, ou qu&#8217;après Mahler il n&#8217;y a plus de tonalité.</p>
<p>Toujours est-il que Mahler est l&#8217;<strong>aboutissement de la musique classique</strong>, autrement dit ce en quoi il fallait qu&#8217;elle se résolve, et en quoi elle dit son <em>dernier mot</em>. Au sens hégélien, c&#8217;est la fin (la <em>finalité</em>, quoi) de l&#8217;Histoire.<br />
Symptomatique en est le fait d&#8217;une musique quasi-exclusivement destinée à l&#8217;orchestre accompagné de voix, dans une tension vers une formation épuisant l&#8217;intégralité des instruments possibles.<br />
Symptomatique également sa première conséquence,  l&#8217;utilisation de la <em>symphonie</em>, genre englobant dont la forme se disloque (le nombre de mouvements montant jusqu&#8217;à 6) et le format explose (jusqu&#8217;à 200 musiciens)&#8230;</p>
<p>Mais Mahler n&#8217;est pas un simple Berlioz, et le gigantisme finit par être anecdotique, spécialement dans les dernières œuvres. Sans faire d&#8217;exégèse détaillée, on ne peut nier un côté souvent excessif, très beethovénien ou wagnérien, dans la première moitié des symphonies (et la huitième bien entendu). On comprend sans mal l&#8217;accueil fait par nos délicates oreilles françaises au début du XXème siècle, et le jugement sans appel de Debussy sur la 2ème symphonie ( &laquo;&nbsp;<em>Le goût français n’admettra jamais ces géants pneumatiques à d’autre honneur que de servir de réclame à Bibendum</em>&nbsp;&raquo; ).<br />
Le jeune Mahler, qui comme tout le monde est aussi le fils de son temps, commence par tomber dans la prétention post-romantique de la musique à programme. Mais plus il réalise son acte, i.e. plus il avance dans son exécution (pas plus il en prend conscience, car il en prend forcément peu conscience), plus tous les éléments de la déconstruction s&#8217;affinent et se solidifient.</p>
<h2>L&#8217;implosion de la mélodie et de la tonalité</h2>
<p>En premier lieu, un <strong>coup porté à la mélodie</strong>, qui achève — au sens où on achève un mourant — le mouvement lancé par Mozart. Plus rien de galant dans ces thèmes à plusieurs têtes, ces intervalles qui dépassent l&#8217;octave, ces brusques sauts harmoniques à répétition. Et pourtant, l&#8217;ensemble est toujours fluide, l&#8217;orchestration rééquilibrant systématiquement les cassures.</p>
<p>On a dit ça et là que Mahler est le premier compositeur de musique de film.  Si ça n&#8217;est pas forcément pour lui faire un compliment, et si on n&#8217;a pas à l&#8217;esprit que l&#8217;Adagietto de la 5ème utilisé par Visconti, il faut reconnaître qu&#8217;il utilise l&#8217;orchestre sur un mode pictural où les thèmes sont le plus souvent partagés et noyés dans plusieurs couches de la formation : soit dans un océan de cordes, soit dans une foule hétérogène qui fait plus penser à un marché populaire qu&#8217;à un parterre d&#8217;opéra. Et c&#8217;est aussi une dimension de la transformation de la mélodie, qui quitte parfois complètement la ligne claire d&#8217;un ou plusieurs instruments pour se trouver dans la respiration macroscopique de plusieurs minutes d&#8217;affilée où l&#8217;on ne trouve parfois que quelques notes.</p>
<p>La fin de la 9ème symphonie en est l&#8217;illustration parfaite :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/Mahler-9-a.png" target="_blank"><img class="size-full wp-image-762 aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="Dernier mouvement de la 9ème Mahler – 1" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/Mahler-9-a.png" alt="Dernier mouvement de la 9ème Mahler – 1" width="609" height="232" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Jugez donc. Une fin qui dure plus de quatre minutes au bas mot (les deux dernières lignes insérées ici en prennent presque deux). Un decrescendo qui emmène jusqu&#8217;à pianissississimo (quatre <em>p</em>, quoi), où seules les cordes échangent, de manière de plus en plus espacée, quatre notes (fo, sol, la bémol, si bémol). La respiration ralentit. Il ne reste plus qu&#8217;un fa en suspension.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/Mahler-9-b.png" target="_blank"><img class="size-full wp-image-763 aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="Dernier mouvement de la 9ème Mahler – 2" src="http://www.do-as-i-say.com/notes/wp-content/uploads/Mahler-9-b.png" alt="Dernier mouvement de la 9ème Mahler – 2" width="590" height="188" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Et une seule indication, &laquo;&nbsp;<em>Ersterbend</em>&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;En mourant&nbsp;&raquo;. Difficile de symboliser plus littéralement la fin de la musique classique, même si le final du <em>Chant de la Terre</em> peut également être vu comme jouant ce rôle, pour d&#8217;autres raisons, à commencer par les paroles.</p>
<p>En second lieu, l&#8217;un n&#8217;allant pas sans l&#8217;autre, on assiste chez Mahler à l&#8217;<strong>érosion de la tonalité</strong>. Dès ses premières œuvres, les dissonances s&#8217;installent et ne sont pas résolues ou filent vers une autre dissonance, et la tonalité au sens où on l&#8217;entend dans la musique classique s&#8217;estompe. Non qu&#8217;il soit le premier, du simple point de vue de la datation, à changer fréquemment de tonalité ou à flirter avec l&#8217;atonalité (car on peut déjà se référer à Lizst), il n&#8217;est peut-être même pas celui qui va le plus loin, mais ainsi va l&#8217;Histoire.<br />
Il met en revanche sur partition exactement l&#8217;expression de la façon dont le classique épuise ses possibilités modales et doit se transformer en autre chose, avec une nécessité qui exsude à chaque mesure, à la fois trop à l&#8217;étroit donc poussant vers une mue, et dans le même temps exactement à l&#8217;aise et à sa place, dans une sorte de réconciliation des tensions, comme après une bataille psychique qui serait enfin terminée.</p>
<p>Osons une (superbe) formule :<strong> Mahler, c&#8217;est Beethoven après thérapie.</strong> Plus besoin de taper 30 fois dominante/tonique en fin de mouvement (ok, Mahler fait ça aussi dans la 3ème, qui n&#8217;est pas la plus fine). Plus besoin de se référer à une tonalité ou à ses relatives, elles sont toutes là. Pour en revenir à la 9ème, notons qu&#8217;elle commence en ré majeur, et finit en ré bémol majeur, dans une sorte de glissement de terrain imperceptible qui transforme la couleur d&#8217;ensemble.<br />
Mais à la différence de ce qui deviendra l&#8217;atonalité en tant que telle, Mahler reste un tonal. S&#8217;il dissout et nie en un sens la tonalité, il ne l&#8217;oublie pas. Négation ne signifie pas absence — car il faut bien quelque chose à nier&#8230;<br />
Le pas suivant de l&#8217;Histoire de la musique est donc en toute logique l&#8217;assomption de cette absence (par Schönberg et Berg, entre autres), de ce vidage de la tonalité, longuement écopée par Mahler. On rentre alors dans la musique &laquo;&nbsp;moderne&nbsp;&raquo;, le stade classique a touché son but et fini son déploiement.</p>
<p>En d&#8217;autres termes, la musique de Mahler conclut le classique. Mais cette conclusion porte en elle les retournements et les suites possibles. Pas étonnant de la part de quelqu&#8217;un qui disait &laquo;&nbsp;la tradition c&#8217;est de la paresse ou de la négligence&nbsp;&raquo;, même si finalement c&#8217;est la destination de la tradition de s&#8217;annuler elle-même et d&#8217;engendrer des nouvelles traditions. En quoi la paresse n&#8217;est pas de connaître ou de suivre la tradition, mais de le faire sans le savoir et de s&#8217;y tenir. Évidemment, encore faut-il avoir quelque chose à dire.</p>
<p><em>Au risque de me répéter, en ce qui concerne la 9ème, la version de Boulez (avec l&#8217;orchestre symphonique de San Fransisco, 1998, Deutsche Grammophon) est exceptionnellement juste, je vous la recommande chaudement. Celle de Bernstein (chez Deutsche Gramophon également, mais attention, l&#8217;enregistrement avec le philarmonique de New-York, pas celui de Berlin) ne démérite pas non plus. Evitez Abaddo, il est très bien sur les opéras de Mozart, beaucoup moins bien avec Mahler.</em></p>
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